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Les entreprises où il fait bon travailler

Club FédéractiveEntretien avec Patrick Dumoulin, directeur de l’Institut Great Place to Work France

Fondé en 1991 par Robert Levering, l’institut Great Place  to Work® a pour mission d’étudier et reconnaître les environnements où il fait bon travailler. Chaque année, il élit les meilleures entreprises dans ce domaine et publie un palmarès avec leur classement dans les cinquante pays où l’institut exerce. Great Place to Work® France a été crée en 2002 et publiera son prochain palmarès le 19 mars 2014.

Great place to work® étudie le bien-être au travail dans les entreprises du monde entier. Les critères d'évaluation sont-ils les mêmes pour tous les pays ou le modèle tient-il compte des spécificités culturelles ?

Nous sommes présents dans cinquante pays. Chacun a bien sûr ses spécificités culturelles mais l’intérêt d’avoir un modèle et une méthodologie uniques est de pouvoir comparer les entreprises et les filiales d’un même groupe ou encore de pouvoir comparer des entreprises de différents pays entre elles. La méthodologie et les critères d’évaluation sont les mêmes partout. Pour chaque étude, nous réalisons un questionnaire que nous adressons à tous les salariés si ils sont moins de cinq cent, ou à un échantillon représentatif si l’entreprise compte plus de cinq cent salariés. Parallèlement, nous évaluons les pratiques managériales.

Quels sont les principaux critères étudiés?

Le questionnaire permet de mesurer trois dimensions qui sont la base du modèle Great Place to Work® : la confiance (les salariés ont-ils confiance dans leur encadrement ?), la fierté (sont-ils fiers de leur travail et de leur entreprise, dont ils sont les premiers ambassadeurs ?) et la convivialité (apprécient-ils l’ambiance de leur entreprise, s’y sentent-ils bien et peuvent-ils y être eux-mêmes ?)

La deuxième partie de l’étude évalue les pratiques managériales de l’entreprise autour de certaines thématiques telles que recruter, inspirer, faire évoluer, partager, etc . Au total, neuf pratiques managériales sont passées au crible. Dans l’évaluation finale, le questionnaire compte pour deux tiers et l’analyse des pratiques managériales pour un tiers.

Great Place to Work®démarche-t-elle les entreprises ou ces dernières vous sollicitent-elles spontanément ?

Tous les cas de figures existent. Nous sommes attentifs à toutes les entreprises et à leurs pratiques. Certaines nous contactent directement. D’autres ont entendu parler de nous via le palmarès ou les média et souhaitent se comparer aux lauréats du même secteur. Nous avons aussi un réseau important de décideurs qui apprécient notre travail et qui nous suggèrent d’étudier des entreprises qui sont selon eux de vraies « Great Place to Work®». Enfin, lorsque l’actualité d’une entreprise retient notre attention dans la presse, nous prenons contact avec elle.

Les résultats de votre étude ont-ils un impact vertueux sur les entreprises qui obtiennent une note moyenne ou médiocre? Se remettent-elles en cause ?

Travailler avec l’Institut Great Place to Work® est un acte de courage managérial et implique d’accepter le retour que nous ferons. Les entreprises qui ont une note moyenne voire médiocre s’engagent réellement dans un processus d’amélioration. Nous les aidons à identifier leurs points forts et leurs axes de progrès ainsi qu’à mettre en place des plans d’action.

D’un point de vue plus général, l’existence de ce classement encourage-t-elle l’ensemble des entreprises, y compris celles qui n’y figurent pas, à devenir des organisations où il fait bon travailler?

Très clairement oui. Et pas seulement à cause de notre classement. Les entreprises savent que si elles veulent attirer et garder les meilleurs talents, être une entreprise où il fait bon travailler est un atout important. L’existence et la notoriété de notre classement ainsi que la présence de leurs éventuels concurrents encouragent certaines entreprises à nous rejoindre.

En période de crise, les entreprises qui s’en sortent le mieux sont-elles celles qui s’attachent à améliorer le bien-être au travail ?

Je le crois volontiers. Ces entreprises vont connaître moins de turnover, moins d’absentéisme, plus d’engagement individuel et cela impactera forcément leurs performances. Dans le top 3 2012 des entreprises de produits de grande consommation ayant réalisé des performances très au-dessus du marché, deux sociétés (Pepsico France et General Mill) étaient lauréates de Great Place to Work®.

Pensez-vous qu'il y ait une corrélation entre bien être au travail et bonne prise en compte de la RSE?

Forcément. Le bien-être au travail est l’un des éléments importants et constitutif de la RSE. C’est aujourd’hui une aspiration forte et je dirais légitime de la part des salariés que de travailler dans des entreprises qui se soucient de l’impact social tout autant qu’environnemental. C’est d’autant plus vrai dans les sociétés où il y a des activités de production.

Les entreprises les mieux classées attirent-elles davantage les talents ?

Les meilleures entreprises attirent forcément les talents toutes classes d’âge confondues. Elles gardent d’autant plus longtemps leurs salariés qu’elles leur donnent les moyens de développer leur potentiel. En moyenne, les entreprises lauréates augmentent leur taux d’attraction jusqu’à 50% l’année qui suit leur présence dans notre palmarès. C’est particulièrement vrai dans certains secteurs comme celui des technologies de l’information, des produits de grande consommation ou du conseil.

Propos recueillis le 12 décembre 2013

+ d’info : www.greatplacetowork.fr

Commentaire (1)

    > Commentaire de Pascal Girardot

    La démarche est très intéressante et probablement très utile aux entreprises qui se font évaluer mais comment l'actionnaire peut-il savoir si une entreprise s'est fait évaluer et apprécier l'évaluation qui en est faite ? Le palmarès annuel des meilleures entreprises donne le rang des seules entreprises qui ont accepté de faire partie de la diffusion.